Crottin Crottine
A propos de cette cagnotte
"Crottin-Crottine", la chèvre aventure d'Audrey et Gégé

Et si vous achetiez... une chèvre ? Contribuez au financement d'un troupeau.
2020, après un service au restaurant le Chadiyo, à Salon-de-Provence !
Audrey : "Tu veux faire quoi de ta vie ?"
Gégé : "Je veux être chevrière !"
Audrey : "Alors vas-y, fais-le !"
La petite trentaine, de l'énergie, du courage et de l'humour à revendre, une force de travail hors norme, l'amour de la nature et une générosité débordante ! Voici quelques caractéristiques (liste non exhaustive) du couple que forment Gégé et son épouse Audrey. De quoi se lancer (presque) sereinement à la poursuite de ce rêve un peu fou : élever des chèvres et produire du fromage.
Un destin qui n'était pas forcément tout tracé mais désormais évident pour cette "nordiste" et la talentueuse cheffe - future fromagère - qui l'accompagne dans cette aventure.
Six ans après sa naissance, le rêve est sur le point de se concrétiser : elles lancent un financement participatif pour constituer le troupeau et boucler le projet. "Le bonheur est simple comme un troupeau de chèvres !" lancent les jeunes femmes.
Rencontre avec des passionnées de la vie.
Merci à Octavia pour la rédaction de cet article 💗
La part du rêve
Rien ne les prédestinait vraiment à atterrir dans l'Aude pour y élever des chèvres. Mais la vie réserve parfois quelques surprises à ceux qui provoquent la chance !
"Si j'ai grandi dans un environnement où l'agriculture était très présente, j'ai tout fait sauf des études agricoles, car dans mon Nord, il n'y avait que des vaches", explique Gégé. Sanitaire et social, électricité et commerce, elle touche un peu à tout avant de passer 15 ans dans le dur secteur de la restauration, qu'elle a "vraiment beaucoup aimé".
"Mais tous les ans, avec mes parents, on partait en vacances en Auvergne. Il y avait une chèvrerie à côté et chaque année j'étais heureuse de retrouver les chèvres, se souvient Gégé. Je les ai toujours aimées, leur esprit de liberté et d'indépendance. Mais de là à en faire un métier ..."

C'est grâce à Audrey que pour la première fois, elle l'envisage. Audrey, c'est la force tranquille et le soutien sans faille. Cheffe de cuisine et propriétaire d'un restaurant à Salon-de-Provence, elle n'a pas hésité une seconde à l'encourager. "C'est Audrey qui a dit "fais-le !". On porte le projet à deux : je l'ai semé, mais on le cultive ensemble, sourit Gégé. D'ailleurs, c'est Audrey qui prendra en charge la partie fromagerie. Et la connaissant, elle va finir meilleur affineuse de France !".
La chèvrerie au corps
Ce projet de vie est donc né il y a bientôt 6 ans. Au fil du temps, il a été réfléchi, mûri, et rudement mené au quotidien.
Bénéficiant du dispositif "Transition Pro", Gégé a commencé par passer le BPREA - "le diplôme des chèvres" - qu'elle obtient en 2022 après une année de formation.
Puis elle apprend le métier sur le tas, à la ferme d'Aurons et "Chez Manu", à Vernègues. La traite, les soins, le pâturage, la fromagerie ! Des expériences qui viennent confirmer sa vocation et la vie qu'elle se prépare. "A la chèvrerie je n'ai pas l'impression d'aller travailler. C'est le plus beau métier du monde". Un univers qui la passionne, dans lequel Gégé se sent à sa place : "On est libre de tout, à commencer par le temps : pour la première fois de ma vie, je ne porte pas de montre ! Pastorer en plein air, gérer son troupeau, pour moi, c'est la véritable liberté. Et plus je monte dans les collines, plus j'ai l'impression de me rapprocher de ma mère".

Femme singulière et sincère, avec les armes du coeur, la détermination, et beaucoup d'huile de coude, Gégé a toutes les qualités qu'il faut pour tenir dans ce métier. Elle en veut, elle avance et elle concrétise ses idées. "J'ai bien réfléchi, je sais que c'est la chance de ma vie. Je ne viens pas d'un milieu agricole et pourtant, je ne me vois pas faire autre chose."
Accident, déboires et embûches
A première vue, tout semble facile et couler de source. Pourtant, le parcours des jeunes femmes n'a pas été une sinécure. Après le temps du rêve vient le temps des démarches. Et là , c'est un vrai parcours de combattant qui démarre, "à en devenir chèvre !". Car l'indépendance est une denrée rare et quand elle se conjugue avec la liberté, elle coûte chère. Mais Gégé et Audrey n'ont pas l'habitude de se dérober. Et l'accumulation d'obstacles sur leur route ne va que renforcer leur détermination.
Première étape, chercher, trouver et acheter un terrain pour accueillir le bâtiment dédié aux chèvres et la future fromagerie. Destination Cailhau (11), près de Carcassonne, où elles dénichent un superbe terrain en friche. Le lieu est parfait, il va maintenant falloir valider et financer le projet. MSA, FEDEAR, architecte, banques, demandes de permis, d'aides, de prêts ! Le projet devient concret et des montagnes de démarches administratives sont à gravir, avec leurs lots de "ça ne passe pas" et de recommencements.

Et puis, il faut parfois se battre là où on ne s'y attend pas. "Notre entourage n'était pas chaud quand on en a parlé la première fois. Ils ont voulu nous protéger : vous êtes bien avec votre resto, le milieu agricole c'est très dur tous les jours, surtout pour des femmes seules" ... Des phrases qu'elles ont souvent entendues, sans les freiner pour autant. "On gère un restaurant, on sait ce que c'est de travailler dur. Depuis 5 ans on est sur tous les fronts : le resto 7j/7, le projet, et comme ça a pris du retard, je viens de faire aussi 1 an d'aide à domicile. On ne se voit presque plus avec Audrey. Ca implique beaucoup de sacrifices qui se font à deux, sinon ça ne fonctionne pas", développe Gégé.
Travailler dur n'est donc pas un problème. "Mais il faut être sacrément motivées, souligne Audrey. Chaque année il s'est passé quelque chose qui aurait pu tout arrêter". Comme ce grave accident sur le terrain avec le motoculteur qui a immobilisé Gégé pendant plusieurs mois !
"La première année, j'ai perdu ma mère et un ami de l'école. Quand on a reçu l'aval pour la subvention, Audrey a perdu son grand-père ! Alors on associe les nouvelles et les avancées aux souvenirs de ces personnes chères. C'est parfois des moments où tu doutes un peu, mais c'est une belle aventure. On y croit et on a toujours gardé espoir".

Et elles ont eu raison ! Les obtentions de la subvention de la FEDEAR Occitanie et du prêt de la banque vont permettre de financer le bâtiment et la fromagerie. Le rêve au bout des doigts ! "Il ne manque que les chèvres !"
Crottin-Crottine
La chèvrerie-fromagerie a déjà été baptisée : Crottin-Crottine, "en clin d'oeil à notre amie qui a son centre équestre sur le même terrain".
Après cinq années de procédures et un véritable chemin de croix, c'est ici que Gégé et Audrey vont enfin pouvoir commencer leur nouvelles vies de chevrière et de fromagère.
L'objectif ? "Vivre de notre nouvelle activité : faire de l'élevage et bientôt du fromage. Et apporter du bonheur aux gens. Le contact humain est très important pour nous : faire des rencontres, susciter des échanges, offrir de bons produits !"

Sensibles à l'environnement et à ce qu'elles consomment, le projet s'inscrit aussi en lien avec la protection de la nature. Les jeunes femmes ont d'ailleurs obtenu une convention avec l'ONF, pour faire du pâturage tournant dans la forêt communale de la Malpaire.
"On va juste s'employer à vivre simplement et bien faire les choses. Une nouvelle vie qui débutera parmi les animaux après quelques péripéties !"
Le bonheur est simple comme un troupeau de chèvres
Dernier objectif : "constituer le troupeau avant Noël. Premiers fromages pour Pâques 2027", sourit le couple. Et pour cela, elles ont besoin d'un petit coup de ... sabot ! Elles lancent un financement participatif pour boucler leur projet : "une cagnotte pour les biquettes de Gégé".
Elles espèrent constituer un troupeau de 50 chèvres sur l'exploitation. Des Alpines, "de bonnes laitières, résistantes, qui s'adaptent parfaitement au territoire, argumente l'experte. Et comme on aime la mixité dans le pelages, un bouc anglo-nubien fera également partie de la famille".
Chacun peut contribuer à financer le troupeau. Pour vous donner un ordre d'idées, chaque chèvre coûte 200 euros ; le bouc en coûte 150 euros. La cagnotte servira également à financer le transport et une partie du fourrage.
Et bien sûr, si vous avez la possibilité de vous rendre à Cailhau dans les temps à venir, Gégé et Audrey serons très heureuses de vous faire visiter leur ferme, participer à la traite, fabriquer et goûter de bons fromages, bref passer un agréable moment ensemble dans la campagne occitane !
A vous de jouer !!!

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