Master de recherche en Etudes Polaires à Cambridge
A propos de cette cagnotte
Étant passionnée par l’histoire de l’exploration polaire depuis mes 8 ans, ça a été une immense joie d’apprendre en février dernier que j’étais prise à un master de recherche en “études polaires” (MPhil in Polar Studies) à Cambridge, à l’institut polaire britannique, le Scott Polar Research Institute. Nous sommes moins d’une dizaine de candidats à avoir été contactés après une sélection sur dossier et un entretien.
Je viens de terminer ma licence en Lettres Classiques à la Sorbonne (avec une moyenne de 17,2/20), après avoir effectué une classe préparatoire littéraire. En parallèle de mes études, cela fait plusieurs années que je dédie mon temps libre aux régions et à l’histoire polaires. En décembre 2024, je suis intervenue devant 1800 inscrits à une conférence en ligne d’histoire de l’exploration polaire (Terror Camp) pour présenter Jean-Baptiste Charcot et son propre engagement pour les pôles. Suite à cela, j’ai été contactée par l’université d’Oxford pour participer à un “workshop” intitulé POLAR X, qui a eu lieu en juin à Paris : cet atelier était organisé par la chercheuse Michèle Mendelssohn et était centré sur le rôle actuel des femmes dans les études polaires. Enfin, j’ai décidé de fonder avec quelques autres passionnées une revue collaborative (le New Polar Times, https://www.newpolartimes.com/) ayant pour objectif de mettre en valeur les régions polaires par le biais de l’interdisciplinarité : nous recevons aussi bien des contributions artistiques (peintures, poèmes) que des articles de science et d’histoire.
Vous comprendrez donc que rejoindre un master de recherche en études polaires est mon rêve ! Ce master de Cambridge est axé sur la recherche, et me donnera ainsi un accès complet aux immenses archives du Scott Polar Research Institute. Cet aspect était décisif dans mon choix, car j’ai orienté mon projet de recherche sur les références à la littérature gréco-latine dans les récits d’exploration du début du XXe siècle. Ce projet est d’ailleurs né lors de ma lecture du récit de Charcot Le Français au Pôle Sud, dans lequel il fait référence à son éloignement du domicile familial en citant une réplique de l’Alceste d’Euripide, auteur de tragédie grec du Ve siècle avant J.-C.
Par ailleurs, je souhaite aussi faire des recherches sur les représentations des régions polaires dans l’Antiquité, et notamment par les récits de Pythéas (qui a voyagé jusqu’en Arctique au IVe siècle avant J.-C.!) et de Parménide, qui soupçonnait déjà l’existence de deux zones polaires au nord et au sud de la Terre. Il m’apparaît important de remonter à ces origines historiques de la représentation des pôles pour les comprendre et les protéger aujourd’hui ! Se rendre compte que ces espaces ont été représentés, rêvés et théorisés depuis le VIe siècle avant J.-C. ne peut que pousser à les conserver et à les défendre dans le présent.
Malheureusement, mon projet fait face à un problème : le coût des frais de scolarité anglais pour les étudiants étrangers. En effet, suite au Brexit, ces frais ont doublé pour les étudiants qui n’ont pas la nationalité britannique, et s’élèvent à 34 254£, soit 40 843€. C’est sans compter le coût de la vie à Cambridge, qui est calculé sur le site de l’université comme s’élevant à environ 16 987€ par an.
J’ai la chance d’avoir choisi un master qui s’effectue en une seule année. Si ce coût est évidemment une lourde charge, il me semble aussi être un investissement sur l’avenir, en me permettant d’obtenir en un an un diplôme axé à 100 % sur l’étude des régions polaires, ce qui a toujours été mon rêve. Je n’ai malheureusement pas obtenu la bourse que proposait l’institut polaire (qui donne généralement préférence à des projets de recherche scientifique), et c’est pourquoi je cherche des sources de financement alternatives !
Quant à mes projets d’avenir, suite à mon master, plusieurs options se présentent à moi. L’institut polaire de Cambridge permet de continuer les études polaires en faisant une thèse immédiatement après le master, et qui sera entièrement financée : j’envisage ainsi d’y candidater l’année prochaine, et je souhaiterais faire des recherches, soit sur le rôle des femmes au début du XXe siècle dans l’exploration polaire, soit en histoire des sciences sur l’intérêt actuel des relevés scientifiques effectués dans le passé. Par ailleurs, je souhaiterais travailler à la conservation et à la diffusion de ces sources dans des archives polaires, car leur transmission est un enjeu qui me tient à cœur.
Par ces mots, j’espère vous avoir sincèrement convaincus de ma passion et de mon engagement total dans cette mission.
Nina
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