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les photos à Cyril

Date de création, 25/01/2026
Jean Decier
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Un passionné face à la nature sauvage des Pyrénées

Cyril, mon ami, est un photographe passionné par la beauté des paysages, ébloui par la faune sauvage. Ce matin-là, il s’était aventuré sur le flanc d’une montagne recouverte d’un manteau de neige étincelant, non loin de la ville surnommée la reine des Pyrénées, connue pour sa nature préservée et ses panoramas majestueux. Armé de son appareil photo, il espérait immortaliser la magie de l’hiver, la liberté des animaux dans leur habitat naturel. Alors qu’il progressait doucement, le souffle coupé par le froid et l’excitation, Cyril apercevait soudain l’ours majestueux évoluant dans la poudreuse. Sa silhouette imposante se découpait sur le blanc immaculé, une scène rare, précieuse pour tout amoureux de la photographie animalière. Débordant d’enthousiasme, au risque de se faire broyer les os par l’énorme gueule de l’animal en liberté surveillée, Cyril, habillé comme un soldat allant à la guerre de cent ans s’empressait de sortir son matériel, prêt à capturer ce moment unique. Dans sa précipitation de prendre le cliché du siècle, son pied droit heurtait une pierre dissimulée sous la neige, il perdait son fragile l’équilibre. Son sac glissait, basculait, heurtait violemment le sol gelé dévalait vers le ravin. L’appareil photo, (un antique Canon 7 ayant plus de 250000 déclenchements) l’objectif à fort grossissement, ses compagnons de tant d’aventures, tous ! se brisèrent sous le choc, laissant notre ami désemparé face à l’impuissance d’une incontrôlable situation. L’ours le regardait compatissait puis, allait lui chercher son sac au fond du ravin, le ramenait à ses pieds, lui demandait pardon de lui avoir fait peur.

Abattu, certainement la trouille au ventre, Cyril restait muet quelques instants, sans bouger, le regard perdu, fixé sur son matériel endommagé et surtout sur les deux rangées de crocs bien accrochés dans l’énorme gueule de l’animal, que faire ? quoi lui dire de mieux que de la fermer pour ne pas sentir l’horrible et nauséabonde odeur de rangées de molaires avariées.

L’ours, voyant Cyril agenouillé, pleurant de toutes ses larmes, dans la neige, occupé à rassembler les débris éparpillés de son appareil photo, s’approchait lentement, la tête basse, les épaules voûtées par la tristesse de rencontrer un chasseur d’images et non un tueur d’animaux sauvages. Dans son regard profond brillait une sincère compassion ; il semblait vouloir dire à Cyril combien il était peiné de le voir ainsi démoralisé, tentait désespérément de recoller les morceaux de ce précieux compagnon de route.

Par de petits gestes délicats, l’ours s’asseyait près de lui, frottait doucement sa grosse patte sur le bras de Cyril, comme pour lui signifier qu’il comprenait sa détresse. Il laissait échapper un souffle long, grave, qui exprimait son propre abattement devant la situation, regrettant de n’avoir su préserver la joie de son ami photographe.

La frustration de ne plus pouvoir saisir la splendeur de cette nature encore vierge se mêlait à la tristesse de voir s’envoler une occasion rarissime. Le silence de la montagne accentuait la solitude de Cyril, qui mesurait à quel point son appareil lui permettait de partager et de célébrer la vie sauvage.

Ce n’était pas seulement la perte d’un objet : c’était aussi la perte du moyen de transmettre sa passion, ses découvertes, son émerveillement devant l’extraordinaire diversité que recèle la région des Pyrénées.

De retour au village, le soir en dégustant cette galette des rois offerte par notre vieux maire sur le déclin de nous dire un dernier adieu avant de donner les clefs d’une mairie refaite à neuf. Cyril éprouvait une immense tristesse parmi ce petit monde de montagnards en train de s’empiffrer de bonnes choses sucrées, salées, tout ce qui honnissait. L’idée de ne plus pouvoir poster ses merveilleuses images, celles des oiseaux étonnants qu’il aime tant, le rongeait, le poussait vers la sortie d’un artiste fabuleux capable de reproduire ce qu’un peintre faisait du matin au soir ou d’un romancier adorant raconter la vie des autres. Il pensait à toutes les espèces rares qu’il avait pu photographier auparavant : le gypaète barbu, le grand tétras, le milan royal… Désormais, il ne pourrait plus partager avec ses amis et ses admirateurs la magie de ces rencontres.

Cyril, amoureux de la nature et du partage, se sentait privé de son moyen d’expression, comme un peintre sans pinceau comme un écrivain sans stylo. Mais il gardait au fond de lui l’espoir de retrouver bientôt un nouvel appareil et de repartir à la conquête des merveilles sauvages de la vallée » reine des Pyrénées ».

Il me confiera en aparté : que :

L’ours était reparti à la recherche d’autres proies plus faciles à digérer, l’avait laissé seul au bord du ruisseau en ne lui laissant pas sa carte de visite.

JD

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