pétition social

Contre le retrait du CNRS de l'UMR CITERES : solidarité // Solidarity against the withdrawal of the CNRS from the CITERES joint research unit

Date de création, 06/11/2025
ComMob Citeres
2.9K
Signataires
3K
Prochain objectif
2 jours restants

A propos de cette pétition

Destinataire

(English below)

C’est avec grande inquiétude que nous, membres du laboratoire CITERES, avons appris, à la veille de la fermeture estivale, le souhait du CNRS de retirer sa tutelle principale au laboratoire dès le 1er janvier 2026 pour ne conserver à partir de janvier 2029, qu'une Équipe Mixte de Recherche parmi les 4 équipes qui composent notre Unité Mixte de Recherche (UMR). Cette volonté a été confirmée le 24 octobre 2025 par une lettre d'Antoine Petit envoyée à l'ensemble des tutelles de CITERES. Nous dénonçons ici le fond et la forme de cette décision

CITERES est une UMR en sciences sociales, dont l'Université de Tours et le CNRS sont co-tutelles depuis 2004, et qui rassemble 230 chercheuses, chercheurs et personnels ingénieurs, techniques et administratifs, incluant 16 personnels CNRS actuellement en place (11 ingénieurs, technicien·nes et personnel administratif, 5 chercheur·es). Les rapports scientifiques par l'HCERES et ses sections CNRS de rattachement ont toujours été positifs. L'UMR compte à son actif entre 4 à 6 millions d'euros par an de programmes de recherche nationaux, européens et internationaux. Elle est un acteur important de la recherche à l'échelle nationale et occupe une place incontournable dans la Région Centre-Val-de Loire, qui compte 3 UMR en SHS. Au moment de la prise de décision, CITERES entrait seulement dans sa deuxième année de contrat, et aucune des sections de rattachement de CITERES, qui s’opposent à la décision, n’avaient été informées. Cela témoigne d’un profond mépris pour les principes constitutifs de l’évaluation des scientifiques par leurs pairs. L’évaluation des laboratoires par le CNRS repose sur un processus collégial confié à des scientifiques élus à cette fin. Les sections scientifiques auxquelles l’UMR est rattachée sont seules habilitées à juger de la qualité des travaux produits et de la pertinence du soutien du CNRS à une unité. 

Ce mépris pour le travail des sections se retrouve à l’égard du personnel de l’UMR et de ses partenaires. L’annonce a été faite oralement au directeur d'unité le 2 juillet, puis toujours oralement à deux agents du CNRS à qui il a été demandé de réfléchir à une nouvelle affectation d'ici janvier 2029 et de ne pas divulguer la nouvelle aux autres agents CNRS. Ni les sections CoNRS de rattachement de CITERES, ni le conseil scientifique de l'Institut CNRS Sciences humaines et sociales (institut principal de rattachement), ni l'Université de Tours, ni la délégation régionale n'étaient alors informés. Elle intervient en outre à la suite d'une demande de l'Institut CNRS Sciences humaines et sociales, en mars 2025, auprès de la direction de CITERES, de restructuration de l'UMR dans le but de renforcer son interdisciplinarité et alors que l'impulsion d'un tel travail a effectivement été lancé par la direction de CITERES pour le contrat en cours. Cette manière de procéder exerce une violence institutionnelle profonde, qui réduit le personnel du CNRS à de simples variables d’ajustement. Depuis les premières fuites au cœur de l’été – à la veille des vacances de juillet – et jusqu’à la lettre du président Antoine Petit reçue en pleine période de vacances d’automne, aucune communication directe, aucun dispositif d’accompagnement, ni soutien psychologique ou administratif n’a été mis en place par le CNRS. Cette procédure qui est amenée à bouleverser la vie d’une partie des membres du laboratoire a un impact délétère sur la santé mentale, physique et les conditions de travail des membres du laboratoire CITERES, comme en témoignent les signalements effectués sur le registre de sécurité.

Cette manière de faire ne détruit pas seulement des structures et la confiance des agents. In fine, elle compromet durablement l’avenir de la recherche publique en France. Si un laboratoire de cette taille, avec 16 agents CNRS, peut se voir notifier aussi brutalement une décision unilatérale et injustifiée, qu'en est-il des UMR où le nombre d'agents est moins important, et qui représentent 72% des UMR CNRS Sciences Humaines et sociales ? Le CNRS nous a affirmé vouloir concentrer ses moyens sur les laboratoires de grandes métropoles. Cette politique s’apparente au projet des key-labs : privilégier quelques laboratoires jugés « excellents » au détriment de tous les autres, au détriment d’un maillage territorial indispensable. Sous couvert d’une communication laissant entendre que ce projet avait été mis en sommeil, le CNRS semble au contraire accélérer la mise en place de sa réforme, sans lui en donner le nom. Imposée par le haut, sans consultation des tutelles et des pairs, elle bafoue le principe même de dialogue entre les tutelles et avec les collectivités territoriales. Nous nous opposons à ce processus de concentration, régressif, qui menace la recherche publique dans notre pays. 

Par la présente pétition, nous demandons donc :

• que la décision annoncée à CITERES soit instamment suspendue par le CNRS, 

• que toute décision à venir concernant CITERES se fasse dans le respect des procédures et des calendriers impartis, 

• et qu'il en soit ainsi pour toutes les UMR du CNRS concernées par ces procédures de retrait. 

 

It is with great concern that we, the members of the CITERES laboratory, learned, on the eve of the summer break, of the CNRS's desire to withdraw its main supervision of the laboratory as of 1 January 2026, retaining only one of the four teams that make up our Joint Research Unit (UMR) as of January 2029. This decision was confirmed on 24 October 2025 in a letter from CEO Antoine Petit sent to all of CITERES' supervisory bodies. We hereby denounce both the substance and the form of this decision. 

CITERES is a Joint Research Unit in social sciences, jointly supervised by the University of Tours and the CNRS since 2004, which brings together 230 researchers and engineering, technical and administrative staff, including 16 CNRS staff currently in place (11 engineers, technicians and administrative staff, 5 researchers). Scientific reports by HCERES and its affiliated CNRS sections have always been positive. The joint research unit has between €4 and €6 million per year in national, European and international research programmes to its credit. It is an important player in research at the national level and occupies a key position in the Centre-Val-de-Loire region, which has three joint research units in the social sciences and humanities. At the time of the decision, CITERES was only entering its second year of contract, and none of the CITERES sections opposed to the decision had been informed. This shows a profound disregard for the principles underlying peer review of scientists. The CNRS's evaluation of laboratories is based on a collegial process entrusted to scientists elected for this purpose. The scientific sections to which the UMR is affiliated are the only ones authorised to judge the quality of the work produced and the relevance of the CNRS's support for a unit. 

This contempt for the work of the sections is also evident in the treatment of UMR staff and its partners. The announcement was made orally to the unit director on 2 July, then again orally to two CNRS agents who were asked to consider a new assignment by January 2029 and not to disclose the news to other CNRS agents. Neither the CoNRS sections affiliated with CITERES, nor the scientific council of the CNRS Institute for Humanities and Social Sciences (the main affiliated institute), nor the University of Tours, nor the regional delegation were informed at the time. It also follows a request made by the CNRS Institute for Humanities and Social Sciences in March 2025 to the CITERES management to restructure the UMR with the aim of strengthening its interdisciplinarity, even though the impetus for such work had already been launched by the CITERES management for the current contract. This approach constitutes a profound form of institutional violence, reducing CNRS staff to mere adjustment variables. From the first leaks in the middle of the summer – on the eve of the July holidays – to the letter from President Antoine Petit received in the middle of the autumn holidays, no direct communication, no support measures, and no psychological or administrative support has been put in place by the CNRS. This procedure, which is set to disrupt the lives of some of the laboratory's members, has a deleterious impact on the mental and physical health and working conditions of CITERES laboratory members, as evidenced by the reports made in the safety register.

This approach not only destroys structures and staff confidence. Ultimately, it permanently compromises the future of public research in France. If a laboratory of this size, with 16 CNRS staff members, can be notified so abruptly of a unilateral and unjustified decision, what about the UMRs with fewer staff members, which represent 72% of the CNRS UMRs in the humanities and social sciences? The CNRS has told us that it wants to concentrate its resources on laboratories in large cities. This policy is similar to its former "Key-Labs" project: favouring a few laboratories deemed ‘excellent’ to the detriment of all the others, to the detriment of an essential territorial network. Under the guise of a communication suggesting that this project had been put on hold, the CNRS seems, on the contrary, to be accelerating the implementation of its reform, without giving it a name. Imposed from above, without consultation with supervisory bodies and peers, it flouts the very principle of dialogue between supervisory bodies and with local authorities. We oppose this regressive process of concentration, which threatens public research in our country.

With this petition, we therefore request:

• that the decision announced at CITERES be urgently suspended by the CNRS, 

• that any future decisions concerning CITERES be made in accordance with the established procedures and timelines, 

• and that this apply to all CNRS joint research units affected by these withdrawal procedures.

Ici, vous pouvez signer cette pétition en toute sécurité.

Votre soutien est important. Il contribuera à faire bouger les lignes.

Merci à tous.

Je partage la pétition

Soutenez la pétition en la partageant sur vos réseaux sociaux et avec vos proches.

La pétition OnParticipe est entièrement gratuite et vit grâce à vos dons

En contribuant, vous participez au maintien de ce service et au succès de nouvelles pétitions pour améliorer le quotidien de tous. Notre service de pétition est gratuit et n’est pas subventionné: il dépend de vous. Nous nous sommes fixés comme mission d’avoir un impact positif pour le bien des françaises et français. Vous êtes libres de donner la somme qui vous semble le plus juste pour nous soutenir. Merci à tous pour votre soutien.
Signaler la pétition