STOP à la répression et au harcèlement policier à la Porte d'Aix / Une place pour toutes et tous
Signataires
Prochain objectif
A propos de cette pétition
Depuis 2023 à la Porte d’Aix, des initiatives pédagogiques et citoyennes ont contribué à créer du lien et du vivre-ensemble sur la place Jules Guesde.
Or, depuis février 2025, la place fait l’objet d’une présence policière massive et répétée, marquée par des contrôles au faciès, des violences et des pratiques d’intimidation à l’encontre de ses usager·es.
Par cette pétition nous demandons aux élu·es de la Ville de Marseille d’agir en cohérence avec les valeurs d’hospitalité, d’inclusion et de respect, portées par leur programme électoral, en prenant toutes mesures nécessaires pour mettre fin à ces pratiques et pour la reconnaissance de la place de la Porte d’Aix comme un espace public ouvert, solidaire et convivial.
Premiers signataires :
- Collectif informel "école en ville"
- Association mirage mirage
- LDH – Ligue des Droits des Hommes Marseille
- Association QX1 Welcome Map
- Collectif el Manba
- Association JUST
- Réseau Hospitalité
- La Cimade Marseille
- Collectif je dis oui à une HSA (Halte Soins Addictions)
- Le Bus 31/32 - BPM
- CVPT - Un Centre ville pour tous
- La compagnie Belsunce
- Nathalie C., anthropologue pour l'association Traverses
- Le Collectif Belsunce
- Soutien à 59 Saint Just
En septembre 2023, 3 écoles d’enseignement supérieur : l’Ecole d’architecture (EMSA.M), l’école de paysage (ENSP) et l’institut d’urbanisme (IUAR-AMU), ont emménagé à la Porte d’Aix, dans un nouveau bâtiment : l’Institut Méditerranéen de la Ville et des Territoires (IMVT). Dès lors plus d’un millier de personnes nouvellement arrivées, croisent et côtoient les habitué·es de la place Jules Guesdes.
Cette nouvelle cohabitation a suscité, chez certaines personnes, un sentiment d'insécurité. Aussi une réunion ouverte aux différentes communautés des 3 écoles est organisée en septembre 2023, pour échanger sur le sujet et les différents ressentis.
A cette occasion, un collectif informel s’est créé, sur la conviction que la meilleure façon, pour toutes et tous, de se sentir en sécurité dans l’espace public est de créer du lien et du vivre ensemble.
Depuis mars 2024, le collectif informel “école en ville” a promu des projets pédagogiques et des actions dans le but de créer du lien entre l’école et son quartier. Des rencontres sur place autour d’une table et d’un café ont permis de “voisiner” et des premiers échanges. A cette volonté de « rencontrer la place », s’est adossée une pédagogie située et hospitalière, dans différents enseignements, amenant les étudiant·es à travailler sur et par la place, et plus largement, sur le quartier.
Des “petits mobiliers mobiles” ont été co-construits avec les usager·es de la place, à l’occasion d’ateliers animés par le collectif Yes We Camp avec le soutien d'Euroméditérranée (aménageur de la place).
Depuis, et grâce à ces modules en bois, les “café-place” sont devenus un rdv hebdomadaire, attendu par les habitué·es de la place et annoncé dans la newsletter de l’IMVT. Les “café-place” ont pour objectif de maintenir les liens entre les personnes, de faire se croiser les publics dans la convivialité, de sensibiliser aux enjeux des places publiques, ainsi qu’aux droits et libertés, et enfin d'ouvrir cet institut d’enseignement supérieur à la ville.
Cette dynamique positive a abouti à l’organisation d’une fête de quartier portée par l’IMVT en mai 2024, renouvelée en 2025, en partenariat avec les associations locales, et notamment : la Régie de quartier, le Centre social CCO Bernard du Bois, des associations d’aides aux personnes migrantes (Cimade, El Manba, QX1 Welcome Map…), tout comme les institutions voisines (EMD, Ademe, France Travail...).[1]
Or, fin Février 2025, un important dispositif policier, réunissant Police Nationale, CRS et Police Municipale, s’installe régulièrement sur la place. Il a été constaté et documenté des comportements des forces de l’ordre particulièrement agressifs envers les usager·es de la place, avec des contrôles au faciès réguliers et répétés, des propos racistes et une attitude violente aussi envers les soutiens.
Entre autres, l’association Mirage Mirage a été souvent témoin, lors de sa présence sur la place, des interventions des forces de l’ordre perturbant, voire entravant, le déroulement de ses actions de médiation et d’animation. Actions qui visent le lien social et l’émancipation spatiale et qui sont soutenues par le dispositif Micro Rêves d’Habitants, la Ville de Marseille, la Métropole Aix-Marseille-Provence et la Fondation pour le Logement des Défavorisés.
Rien n’interdit de se réunir sur les places et les espaces publics et pourtant fouilles et confiscations d’effets personnels, contrôles d’identité massifs ont lieu quasiment tous les jours depuis 1 ans, mobilisant de trois à six camions de CRS sur la place. Leur but semble manifestement de vider la place de toutes les personnes racisées.
Nous estimons que cette présence massive de force de l’ordre génère davantage de tension, crée un climat anxiogène et ne contribue pas à accroître un sentiment de sécurité. De plus, le stationnement des camions de CRS au pied de l’IMVT, jusqu’à devant son entrée, forment une barrière physique et symbolique entre les écoles et la place.
Le harcèlement quasi quotidien des usager·es de la place a pour effet de stigmatiser, générer des amalgames, mais aussi de fragiliser les personnes les plus vulnérables (demandeur·es d’asile, mineurs non accompagné·es, femmes avec enfants, personnes avec des problèmes de santé physique et/ou mentale, sans abris…).
La criminalisation des migrations prônée par certains élu·es et médias est un discours dangereux et déshumanisant, qui ne peut qu’encourager à la haine raciale. Les migrations ne sont pas un problème de nos sociétés actuelles, mais un effet des politiques coloniales et impérialistes.
Sous couvert de mesures sécuritaires, le maintien de ce dispositif policier démesuré s’oppose aux discours de nos Institutions :
- Alors que nos écoles se présentent comme des établissements “inclusifs, hospitaliers et durables”, et que nous enseignons aux professionnel·les de demain comment concevoir des espaces accueillants pour toutes et tous et comment participer à la fabrique d’une ville qui prenne en compte la diversité des populations qui la composent et qui peut ainsi répondre aux enjeux sociétaux et de transition actuels.
- Alors que la municipalité de la Ville de Marseille :
- Déclare dans son programme “Nous voulons construire une ville sans discrimination qui protège les personnes en situation de vulnérabilité, une ville plus sûre pour tous parce qu’elle sera moins dure pour chacun.” ;
- Adhère à la Charte ANVITA des villes accueillantes ;
- Publie un Manifeste “ Pour des Espaces publics méditerranéens accueillants, résistants et résilients” ;
- Et son maire, Benoît Payan, lors du conseil municipal du vendredi 25 avril 2025, s’engage dans la lutte contre le racisme.
Restant convaincu·es que la présence sur l’espace public, le dialogue, l’échange, le faire ensemble, sont des armes beaucoup plus puissantes et efficaces que la répression policière pour lutter contre le sentiment d'insécurité.
Nous demandons :
- La fin du harcèlement et des contrôles massifs et quasi journaliers des forces de l’ordre sur les personnes racisées de la place
- La fin de la criminalisation des migrant·es
- La fin des amalgames entre toutes les personnes fréquentant la place et les réseaux de criminalité organisée qui depuis plusieurs années sont installés à proximité
- La fin du stationnement des camions de la police devant l’IMVT
Et nous demandons aussi aux élu·es de la Ville de Marseille :
- de condamner ces abus et ces comportements violents des forces de l’ordre
- de respecter leurs engagements électoraux “Pour une ville solidaire”
- de mettre en application le « Manifeste pour les espaces publics marseillais » sur la place Jules Guesde
- et de conforter ce lieu de solidarités, en le rendant plus accueillant, notamment avec l’installation de toilettes publiques gratuites (comme sur d’autres places marseillaises) et d’un point d’eau, ainsi qu’en allouant des moyens pour pérenniser les actions des associations de quartier.
Ensemble, nous pouvons faire de la place de la porte d’Aix un lieu de reconnaissance, de solidarité et d’hospitalité.
Nous invitons toutes les associations, institutions, collectifs, ainsi que individus, qui portent ces mêmes valeurs à signer cette pétition.
[1] https://www.laprovence.com/article/region/3933460625767314/marseille-entre-etudiants-et-migrants-la-fete-de-la-porte-d-aix-sous-le-signe-du-dialogue-interculturel
Ici, vous pouvez signer cette pétition en toute sécurité.
Votre soutien est important. Il contribuera à faire bouger les lignes.
Merci à tous.