maintien et entretien de la Régordane GR700 portion Chamborigaud-Génolhac
Signataires
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A propos de cette pétition
Sauvez ce petit chemin qui sent la violette…
Plus que la violette, il respire en vérité la mure, l’herbe fraîche, la morille le cèdre et le bambou. Ce petit chemin, un des paradis de la Régordane, a vu naître mon Grand Père René, entre pierres de rivière et châtaigniers. Je me devais, ayant moi-même joué, rêvé, observé la nature et appris le vélo sur ce chemin, de rendre compte de sa souffrance actuelle.
La Régordane est un chemin historique de 240 kms, reliant Le Puy en Velay (63) à St Gilles (30) ; voie millénaire de commerces et d’échanges, un des plus grands chemins de pèlerinages de la chrétienté médiévale d’Occident. Aujourd’hui ce chemin est devenu un chemin de grande randonnée, le GR 700, emprunté chaque année par des milliers de randonneurs et promeneurs.
Ces dernières années, une petite portion de ce chemin joignant Pont de Rastel à Chamborigaud (30), a subi de multiples dégradations par la répétition des crues cévenoles.
Lien piéton entre les deux villages, cette petite portion de moins d’un kilomètre est remarquable par la présence de plusieurs ouvrages.
Tout d’abord, l’ancien pont de Rastel, pont bossu médiéval, est le seul à avoir résisté aux crues. Ensuite la filature du XIXème, en passe de devenir un lieu d’ateliers d’arts suite à son rachat par un collectif d’artistes, d’artisans et d’architectes. Entre près et bois, le chemin du Rieu permet ensuite de passer devant un ancien relais de poste de la Régordane où les commerçants muletiers devaient faire une pause à l’époque. Ce chemin se poursuit par un passage à gué du Valmale, affluent du Luech, rivière longeant le GR pour passer devant le château de Montjoie du XVIIème, autre lieu chargé d’histoire.
Cette portion du GR700 constitue un atout piéton non négligeable pour les résidents locaux comme pour les touristes qui peuvent grâce à lui, balader, randonner, voire se baigner en longeant le Luech, mais aussi ne pas utiliser leur voiture pour aller faire leurs courses en passant dans un lieu magnifique.
Pourtant cette magnifique portion n’est plus entretenue convenablement par les Collectivités et les associations de randonnées depuis déjà quelques années. Les crues semblent avoir eu raison de la raison des ordonnateurs et la maintenance correcte du chemin n’est plus assurée. Avec tous ces frais récents déjà engloutis par les différents ponts rénovés ou reconstruits entre Vialas et Chamborigaud, tout se passe comme si les décideurs avaient oublié ce petit chemin pourtant fortement respectable.
Déjà bien avant la crue du 3 Octobre 2021 qui fît bien des dégâts sur Pont de Rastel et prépara la chute du grand pont de Chamborigaud, ce morceau de Régordane était tombé plus ou moins dans l’oubli. En effet, une passerelle en béton armé passant sur le cours du Valmale, qui avait tenu près d’un siècle avait été emportée par un « embacle » en 2014, sans que les autorités s’en formalisent.
Cette passerelle est ainsi restée tordue dans le lit de la rivière du Luech avant d’être enlevée plusieurs années après. Lors de cet enlèvement, un muret épi, appartenant au Château de Montjoie servant à détourner les eaux arrivant du Valmale a été détruit contre l’avis du propriétaire. Très mauvaise idée de ne pas tenir compte des anciens qui savaient bien gérer les crues qui ont de tous temps existé.
Ce petit bout de mur empêchait l’eau de ronger les berges du château, ce qui n’a plus été le cas par la suite. Il y a bien eu de maigres tentatives pour améliorer la situation en la matière de filets pour maintenir ces berges ou de pas japonais pour remplacer la passerelle. Le mercurochrome sur la jambe de bois parait moins onéreux au départ mais finalement est le pire des coûts puisqu’il ne sert à rien.
Si c’est une crue qui a emporté la passerelle, la destruction de l’épi est le fait d’une entreprise commanditée par Alès Agglo semble-t-il.
Pour couronner cette situation, l’autre extrémité de cette portion de chemin est aussi actuellement en difficulté : l’ancien Pont de Rastel ayant résisté à la crue centenaire de 2021 a tout de même été fragilisé et son passage a été limité à 3T. Selon Mr Corbier, actuel Maire de Chamborigaud, un dossier de réhabilitation a été déposé mais son aboutissement peut prendre des mois voire des années.
Nous parlons là d’un pont classé, le plus ancien de toute la vallée, bijou de la Régordane dont le village de Pont de Rastel a pris le nom.
Cette partie de la Régordane est à la limite d’être fermée, maintenue ouverte par la présence d’un des riverains dont la mobilité est réduite et qui reçoit des visites de soins quotidiens.
Sur cette partie, ce sont une dizaine de familles riveraines auxquelles vient s’ajouter à présent le « collectif Filature » alias « un lieu à soie », concernés directement par les issues à la rive gauche du Luech qui deviennent problématiques. Par ailleurs, tout le village du Pont de Rastel emprunte évidemment ce chemin pour se rendre à pied à Chamborigaud.
Des réunions ont été faites entre les autorités en la matière : Mairies de Chamborigaud et Génolhac, chargé d’intervention spécialisé de la Région Occitanie, représentants de la Communauté de Communes du Grand Alès et Conseil départemental du Gard, AB Cèze Syndicat Mixte d’Aménagements des rivières, Associations de Randonneurs …
Je n’ai malheureusement pu participer à ces réunions, pris par mon travail à Nîmes et pour lesquelles d’ailleurs, je n’avais reçu aucune invitation personnelle en tant que riverain.
Enfin, certains riverains viennent de recevoir une demande d’accord pour un passage détourné d’un chemin dans la montagne surplombant le chemin du Rieu.
En résumé, la seule solution trouvée est de détourner la Régordane, négligeant tout entretien de ce chemin historique, pour faire passer les randonneurs sur un chemin à usage réduit sans grand intérêt, loin de la rivière et rallongeant le parcours du GR de plusieurs kilomètres. Ce chemin à terme ne passant plus devant les ouvrages remarquables précités.
Plusieurs questions se posent :
- Comment peut-on laisser à ce point se détériorer un chemin digne d’intérêt appartenant à l’Histoire de la Régordane et des villages qui le jouxtent ?
- Comment peut-on ignorer le passage des habitants de Pont de Rastel et de Chamborigaud qui utilisent ce chemin en tant que piétons pour aller faire leurs balades ou courses au village ?
Même si ce chemin n’est pas automobile, il a son intérêt économique voire écologique. Il évite aux habitants de prendre leur voiture pour faire leurs courses. Pour les commerçants de Chamborigaud déjà mis à mal à l’époque par l’écroulement du pont principal, il évite que les clients, obligés de prendre leur voiture, préfèrent aller à Génolhac possédant à 8kms plus de commerces. Il permet aux personnes âgées de faire parfois le seul effort physique de la journée.
-Comment peut-on oublier le réel avantage touristique que cette portion représente ?
Qui peut citer, sur Chamborigaud, une balade aussi agréable que ce lien piéton ? Qui peut nier l’intérêt culturel de cette portion de GR ?
Pourtant, on parle et on fait des demandes de déviation pour éviter son entretien.
Cette déviation, je la connais bien pour l’avoir parcourue depuis ma jeunesse. Pour le passage d’un GR, que de toutes façons les résidents n’emprunteront pas, elle demanderait elle aussi un entretien qui finalement représenterait un coût sans doute supérieur à celui de l’existant dont la distance est beaucoup plus réduite.
Je vois deux risques principaux à cette déviation :
1/ le risque accru d’incendie. Permettre l’accès à des milliers de randonneurs sur un sentier non adapté n’est pas neutre. Il suffira d’un randonneur malveillant, jetant une cigarette par exemple pour que cette colline sèche s’embrase.
2/ le risque d’accidents. Les locaux ou randonneurs qui ne voudront pas prendre cette déviation prendront la route de Pont de Rastel qui ne comporte aucun trottoir ou voie piétonne ou cycliste et qui rejoint la RD 906 très passante pour atteindre Chamborigaud.
Voilà pourquoi j’appelle les responsables des Collectivités et les Associations concernés par l’entretien de la Régordane à revoir la destinée de ce chemin comme les Anciens ont pu le faire depuis des siècles. Prenons exemple sur leur bon sens et leurs efforts en rétablissant pour les piétons et cyclistes cette voie dans sa beauté et son activité. Cela entend :
1/ la prise en compte rapide du dossier déposé par la Mairie de Chamborigaud pour la consolidation du Pont de Rastel, à une période gênant le moins possible les riverains.
2/ la reconstruction de la passerelle du Valmale qui peut être réfléchie amovible pour ne plus subir les crues. Les plots en béton sont toujours présents et le coût apparaît relatif
3/ la reconstruction de l’épi du château de Montjoie et l’aménagement qui en découle. Actuellement à l’intersection Luech-Valmale, on est obligé d’escalader des racines sur près de 2 mètres de hauteur. Actuellement ces travaux sont laissés au bon vouloir du propriétaire du château qui n’en est normalement pas responsable.
Même si les Collectivités ont déjà beaucoup donné pour les ponts routiers dans le secteur, il apparait important de ne pas oublier les piétons et les riverains concernés. On parle souvent de valoriser les Hautes Cévennes parfois sinistrées, parfois difficile d’accès, voici un moyen adapté pour que les paroles deviennent des actes.
Pourquoi ne pas s’être servi du démontage du pont submersible remplaçant provisoirement le grand pont de Chamborigaud pour renforcer les berges du château ? Où vont les matériaux récupérés, déjà payés par la collectivité ?
On pourrait aussi rajouter que l’entretien des bords de rivière faisait à l’époque partie de ce bon sens des anciens et qu’il permettait de réduire les « embacles » lors des fortes crues.
Pour toutes ses raisons, en tant que riverains, la famille Bugni-Donadille du Rieu ne signera pas la demande de déviation, comme semble-t-il, le collectif de la Filature ainsi que les propriétaires du lieu-dit Pruneyrolles chez qui doit passer cette hypothétique déviation. Nous espèrons le soutien de Tous pour le maintien et l’entretien du GR 700, la Régordane sur la portion Pont de Rastel-Chamborigaud.
Rémy DONADILLE
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Merci à tous.