aider les jeunes migrants de Ceuta
Signataires
Prochain objectif
A propos de cette pétition
Aidez les jeunes migrants de Ceuta : passons de l’indignation à l’action !
La crise humanitaire à Ceuta nous rappelle chaque jour que l’humanité se juge à sa capacité d’accueillir ceux qui fuient la violence et la misère. Pourtant, entre les discours et les actes, il reste un fossé immense.
Cette pétition a pour but de faire pression pour que des solutions concrètes soient enfin mises en place : des hébergements dignes, un accompagnement adapté et une protection réelle pour ces jeunes migrants, souvent livrés à eux-mêmes. Mais c'est à nous de le faire, à notre niveau, en tant que citoyen du monde. La solution ne viendra pas des politiques.
Nous devons définir la notion d'accueil, créer nous mêmes concrètement les conditions de l'accueil. Chez nous. Dans nos foyers. La crise humanitaire est d'abord chez nous, dans nos cœurs.
Nous sommes le premier échelon de l'échelle.
Signez et partagez massivement pour que Ceuta ne soit plus un symbole d’abandon, mais un exemple d’humanité !
Et si on inversait le paradigme ? On remplace "on ne veut pas que vous veniez chez nous,“ par ”voulez-vous venir chez moi? Vous êtes les BIENVENUS." une révolution en somme.
Appel à la mobilisation citoyenne.
Nous critiquons les gouvernements, nous critiquons la politique européenne et internationale, les décisions prises pour nous, par nos soi-disant représentants légitimes. On examine, on rapporte, on discute, on analyse, on parle on parle on parle et on écrit, à commencer par moi. Mais que faisions nous ? A part du bruit ?
Commençons par notre auto-critique, notre examen de conscience. Il faut interroger nos propres comportements et pas ceux des autres.
le problème c'est nous.
combien de citoyens se déclarent famille d'accueil après de leur conseil départemental ?
Nejma Brahim , journaliste à Mediapart qui écrit sur le scandale de Ceuta, a tout à fait raison, dans son dernier article elle écrit : "le problème c'est l'accueil et la question n'est jamais posée."
La question est : qu'est ce que l'accueil au delà du nombre de places et de lits dont je dispose ?
C'est LA question. Mais la question qui dérange. Je viens de faire un dossier pour devenir famille d'accueil auprès de mon conseil départemental. C'est la voie officielle et administrative. Mais elle peut être longue et il y a urgence.
Combien sommes-nous à faire cette démarche ? Nous sommes en pleine campagne présidentielle, on servira au peuple ce qu'il demande, ce qu'il attend. Ce sont les électeurs qui décident, qui dictent les programmes. Même si nous sommes manipulés pour aller dans leur sens, toujours le même, leurs intérêts et pas les nôtres, au final c'est nous qui décidons.
C'est nous le vote, le véto, le pouvoir. D'où l'importance de la manipulation. Les élections présidentielles arrivent, les ingérences étrangères se multiplient pour influencer et dériver, diriger le vote des français. Intox, fake news, faux sites, faux reportages, faux témoignages. Ingérences étrangères, pas seulement, nous sommes intoxiqués et abrutis également de l'intérieur de notre pays. Par nos propres dirigeants.
Imaginez que les citoyens disent : ok on accueille. Les gouvernements suivront, parce que les politiques aussi veulent la place au soleil. Mais ça va plus loin que le politique.
L'accueil c'est d'abord dans le cœur. Imaginez encore que les cœurs s'ouvrent et non plus les frontières. Vous voyez la révolution ? Vous voyez le grand chambardement ? La table renversée ? Si on dit à Ceuta : ok on accueille, vous n'êtes pas si nombreux au final, on vous répartira, on vous dispersera, comme Nejma Brahim le suggère dans son article. Mais vous voyez l'appel d'air ? Ils sont venus, se sont précipités, sur une simple rumeur. Ils ont entendu dire "que à Ceuta", alors si c'est l'Europe qui s'ouvre, si l'ouverture devient officielle, proclamée par les gouvernements, ce sera un raz de marée. Il est plus facile pour moi d'accueillir des animaux malmenés dans ma ferme que des êtres humains étrangers. Aujourd'hui on m'admire pour ma capacité d'accueil, mon grand cœur. Demain, peut être, on me haïra dans mon petit village si ce sont des migrants. C'est un risque ,je le prends. Les immigrés eux-mêmes quand ils arrivent, referment bien la porte derrière eux. Moi oui, mais pas les autres. C'est le radeau de la méduse. Des immigrés votent RN. Si on est trop nombreux sur le bateau de sauvetage, il chavire. D'où l'intérêt pour le RN de récupérer ces images et d'affoler les cœurs et les consciences. C'est pain béni pour eux. On a peur, il faut entretenir cette peur. L'amplifier. Ce ne sont pas les frontières qui sont verrouillées, ce sont les cœurs. Le soir quand je m'attable, je me dis : “ si seulement je pouvais partager mon repas avec Selma et sa famille”. Mais moi aussi j'ai peur. J'ai peur du nombre. Je veux bien Selma et sa famille, mais tous les autres ? Je vais être débordée. Envahie ? Ah les envahisseurs, thème cher au RN. J'ai peur et la peur c'est LE VERROU à faire sauter. Mais c'est aussi le cadenas essentiel, celui qui maintient tout le système en place et ce système c'est le capitalisme. Il ne va pas être content Bernard Arnault, si les cœurs s'ouvrent bien plus que les frontières. C'est un empire fondé sur l'individualisme forcené qui s'écroule. Le capitalisme et le fascisme ça va ensemble, ils ont besoin l'un de l'autre. Ça va très loin ce qui se passe à Ceuta, plus loin que la politique, plus loin que la morale. C'est un défi pour l'humanité. Elle est là la crise humanitaire.
Sommes -nous des êtres humains ? Et donc si humain je suis, capable de reconnaitre l'autre humain en face de moi, qui est moi aussi. Le capitalisme objective, La nature est un objet j'en dispose. Les personnes noires de peau n'ont pas d'âme, ce sont des objets j'en dispose. Ils deviennent esclaves, main-d'œuvre gratuite. Les animaux sont des objets, j'en dispose, matières premières à volonté. Tout devient objet qu'on exploite pour en tirer un profit maximum. Ce n'est pas un hasard si on veut aujourd'hui reconnaître le statut de personne aux fleuves, c'est justement pour leur donner des droits. Et surtout le droit juridique. Mais où va-t-on ? Mauvais tout ça pour le capitalisme. Les réfugiés de Ceuta disent : “on nous traite comme des chiens”, mais les chiens sont mieux défendus. C'est beaucoup plus facile d'avoir un chien chez soi, qu'on va chercher dans un refuge ou qu'on achète à prix d'or. Quel danger avec ce chien, à part la reconnaissance éperdue qui nous valorise, et la fidélité éternelle qui nous console.
Le réfugié que j'accueille, ne va-t-il pas se retourner contre moi ? Certains chien mordent la main qui les a nourris. Ne va-t-il me voler pendant mon sommeil, prendre ma place, mon travail, ma femme. Ma sécurité sociale ?
Oui j'ai peur. J'ai peur comme tous les autres. Peur de ce que je suis en train de faire, peur de ce que je suis capable et incapable de faire, peur de mon engagement. Jusqu'où cela me mènera ? Vers l'inconnu. Et l'inconnu c'est tout ce qu'on déteste.
Selma est mon devenir inconnu, ma chère inconnue.
j'aimerais lancer un appel aux femmes françaises, pour qu'elles s'inscrivent comme famille d'accueil pour les jeunes réfugiés mineurs de Ceuta. L'inscription se fait auprès de son conseil départemental, je l'ai fait, je me répète. Je m'adresse aux femmes, car si elles ont mis et servi la table pendant si longtemps, elles peuvent la renverser. Enfin aujourd'hui c'est ce qu'elles font, un peu partout. Si le mouvement pour l'accueil est citoyen, il deviendra politique. Mais ça commence par nous. par la base. Se déclarer comme famille d'accueil, par la voix ,et par la voie officielle et administrative. Dire haut et fort : je les accueille. Non il ne faut plus dire, il faut faire. Se constituer famille d'accueil, dans les règles, dans la légalité et dans la vraie vie. A Ceuta arrivent de jeunes mineurs non accompagnés, on dit MNA dans le jargon administratif. Si ça parle pas à une femme ça, à une mère de famille, une mère célibataire, un papa poule célibataire, un couple homo avec ou sans enfants, enfin merde ce sont des gosses quoi !
Ces jeunes marocains, ont l'âge de nos enfants. Ils veulent venir pour poursuivre leurs études, avoir une vie meilleure, un travail, un avenir tout simplement. Et on les repousse en mer, on les pourchasse dans les rues de Ceuta et on les arrêtent comme des chiens. Ce sont des enfants, des ados, partis seuls pour tout affronter y compris la mort, et on les repousse. ils meurent, on les tue.
De quoi avons nous peur ?
Des migrants ou de la jeunesse ?
Pourquoi ce ne sont que des jeunes arrivés en masse à Ceuta, pourquoi des mineurs non accompagné ? on ne s'interroge pas là dessus, pourquoi si jeunes ?
Parce que ils n'ont plus rien à perdre, à part leur vie et leurs derniers espoirs. Parce qu'ils ont l'énergie du désespoir, la plus puissante.
On les repousse parce que les jeunes sont plus dangereux que les immigrés, ils sont la force de demain, le nouveau monde dont on ne veut surtout pas. Les jeunes font peur. Et particulièrement les jeunes désespérés.
Avant on disait “place aux jeunes”, maintenant c'est “place aux vieux”
Aux vieux retraités paisibles qui ont peur eux aussi pour leurs économies de vieux bas de laine, place au vieux monde qui s'effrite, place à la veille politique à la papa, place aux vieux dirigeants cacochymes, place aux vielles machines à moteur thermiques, place au pétrole roche fossilisée vieille de plusieurs millions d'années, au vieux capitalisme criminel et mortifère. L'Europe est vielle, nous somme vieux. Tout est vieux.
Les journalistes nous alertent , ouvrent notre conscience, mais qu'est ce qu'on fait après ? qu'est qu'on fait avec une conscience en état d'alerte maximum ? on passe à l'action, c'est la seule façon de dénouer la tension, et de se libérer du poids de l'information qui peut tuer elle aussi. Je meurs à petit feu avec Selma et tous les autres. Je meurs d'être là derrière mon écran à "m'abreuver "de reportages, car l'inondation d'informations en continu, peut aussi assécher les cœurs . On se retranche derrière une digue, on se repli. J'ai la tentation souvent de ne plus vouloir savoir, si finalement le résultat c'est : je suis vraiment bien informée, youpi. Quelle belle citoyenne éclairée par les feux de l'actualité ! En parlant de feux, puisque les incendies ravagent la planète, et que ma conscience est incendiée également, vous conviendrez qu'il y a urgence et qu'il ne faut pas attendre que toute la forêt soit brûlée avec Selma dedans. Selma dans le brasier de ma conscience.
Selma est une jeune adolescente marocaine de 16 ans, elle a traversée la mer à la nage pour arriver à Ceuta.
Son périple, son témoignage est décrit par Nejma Brahim dans un de ses articles sur Ceuta paru dans Mediapart. La petite dit qu'elle a senti en nageant des cheveux sous ses pieds, dans doute des cheveux de femmes, ce sont elles souvent qui ont les cheveux longs. Selma a les cheveux longs, on la voit en photo dans l'article. Je ne veux pas que l'on retrouve les cheveux de Selma au fond de l'eau. Cette vision me hante.
Il faut commencer par le premier échelon de l'échelle, et non par le haut. mais si on retourne l'échelle, le premier échelon devient celui du haut.
Le premier échelon, c'est nous.
Vous pouvez également contacter l'association Un lit une nuit, grâce à laquelle j'accueille prochainement mon premier MNA inconnu., en attendant Selma. D'autres associations près de chez vous qui organisent les hébergements d'urgence.
Je soutiens et j'adhère également à la Cimade de ma région, à Utopia 56.
Merci de votre soutien.
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Votre soutien est important. Il contribuera à faire bouger les lignes.
Merci à tous.