pétition social

Non aux “AESH gestionnaires” !

Date de création, 03/06/2026
Matthieu Béguet
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Il y a aujourd’hui plus de 2000 AESH exerçant leurs missions d’accompagnement d’élèves en situation de handicap dans les établissements scolaires d’Ille-et-Vilaine. Ils et elles sont affecté·es au sein de 19 PIAL (Pôles Inclusifs d'Accompagnement Localisés) dont le territoire correspond aux circonscriptions du 1er degré.

Actuellement, le travail de coordination du PIAL (affectation des AESH auprès d’élèves, gestion des notifications MDPH, des emplois du temps, relations avec les établissements scolaires, etc.) est assuré par des directeurs et directrices d’écoles (publiques ou privées) bénéficiant de décharge de service d'enseignement et d’indemnités, et de chef·fes d’établissements pour le 2nd degré.

En parallèle, il existe depuis 3 ans dans le département un·e AESH référent·e par PIAL. L’AESH référent·e est un·e pair·e expérimenté·e dans l’accompagnement d’élèves en situation de handicap, qui assure une fonction de personne ressource auprès des AESH en apportant un soutien spécifique aux AESH nouvellement nommé·es, un appui méthodologique (partage des gestes professionnels à adopter, conseils personnalisés, mutualisation d’outils pédagogiques), en contribuant à l’élaboration et au partage d’outils et en diffusant les bonnes pratiques professionnelles.
Les AESH référent·es, dont le contrat est de 35h, exercent ces missions pendant 17h et poursuivent l’accompagnement des élèves en situation de handicap sur une durée de 18h. Ils et elles sont reconnu·es par leurs pair·es pour leurs missions d’appui qui participent de l’enjeu essentiel de l’École inclusive.

Depuis la rentrée 2025, les PAS (Pôles d’Appui à la Scolarité) se développent dans le département. Chaque PAS est, en principe, composé d’un·e coordonnateur·rice de PAS (enseignant·e de l’Éducation nationale), d’un personnel du médico-social (le plus souvent un·e éducateur·rice spécialisé·e à temps plein) et d’un·e AESH référent·e.
À la rentrée 2026, le nombre de PAS sera de 17 dans le département, avant leur généralisation à la rentrée 2027. Leur développement induit de profondes modifications en termes de moyens et de fonctionnement des structures. Ainsi, les coordonnateur·rices PIAL concerné·es par la création des PAS à la rentrée 2026 ont été informé·es par l’administration de la fin de leurs missions de coordination qui seront dorénavant assurées par un·e AESH référent·e.

Ces nouvelles missions d'encadrement ainsi que de formation, qui viendront s'ajouter à celles actuelles de conseil, d’accompagnement et d’appui de leurs pair·es, ne feront qu’alourdir la charge de travail des AESH référent·es qui n’ont pas été formé·es ni à la gestion de ressources humaines, ni à être formateur·rices. De plus, sans augmentation de leur quotité horaire ni de leur rémunération, il leur sera demandé de travailler durant les vacances scolaires (à raison de deux semaines l’été et deux jours à chaque « petites vacances ») : c’est la création du « travailler plus pour gagner autant ».

Ils et elles devront, en gérant la pénurie de moyens d’accompagnement, s’imposer face aux directeurs et directrices d’écoles, chef·fes d’établissements, enseignant·es, parents d’élèves, cela en dépit de leur “quasi-statut” comme le rappelait le ministre de l’Éducation nationale récemment.
Alors qu’elle est déjà fortement dégradée, la qualité des accompagnements s’en verra encore détériorée, la gestion des situations complexes sera plus compliquée et les AESH sur le terrain se sentiront moins soutenu·es.
La relation des AESH référent·es avec leurs pair·es risque d’être faussée, avec l’instauration d’une relation de surplombance jusqu’alors inexistante.

Nous, AESH, enseignant.es, directeurs et directrices, parents d’élèves, citoyens et citoyennes, représentant·es syndicaux·ales, refusons qu’il soit imposé à des AESH, avec leur statut précaire, d’effectuer des missions administratives de gestion des ressources humaines qui étaient jusqu’à présent dévolues à des cadres de catégorie A avec indemnité et/ou décharges.
Les AESH ne doivent pas être une variable d’ajustement bon marché pour pallier au manque de moyens de l’École inclusive.

Nous demandons au Rectorat de Rennes et à la DSDEN d’Ille-et-Vilaine de revenir au plus vite sur cette décision inique.


Premier·es signataires :

Emmanuelle Maray · secrétaire départementale de la FSU-SNUipp 35
Jean-Marc Llavory · secrétaire départemental de la FSU 35
Léa Guerro · co-secrétaire départementale du SNES 35
Thomas Hardy · co-secrétaire départementale du SNES 35

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